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Bilan de la table ronde Angoulême 2018

1 février 2018

À l’occasion de l’édition 2018 du festival international de la BD d’Angoulême, l’Hadopi organisait une table-ronde le 25 janvier dernier à l’auditorium du conservatoire d’Angoulême sur le thème : « La BD numérique : nouveau canal de diffusion numérique ou nouvelle forme de création ? ».

Les usages du livre numérique évoluent et la bande-dessinée n’y échappe pas. Si elle représente encore un marché de niche, touchant 3 à 4 % des internautes, la bande dessinée numérique devrait se développer, à l’instar d’autres biens culturels, posant la question de sa diffusion en ligne et de l’adaptation des éditeurs à l’évolution des usages numériques.

Pour Julien Papelier, directeur général des Éditions Dupuis, « l’avenir de la bande dessinée numérique passe par la diversification de la création, notamment de contenus adaptés aux nouveaux supports », même si aujourd’hui une part importante de l’offre est « homothétique », c’est-à-dire constituée par des bandes dessinées scannées et proposées en format de type PDF.

Julien Aubert, CEO de Bigger Than Fiction, confirme qu’il s’agit « plus particulièrement de penser l’animation de la bande dessinée et notamment l’apparition des éléments des différentes cases » ajoutant que la bande dessinée est l’art de la séquence où il y a une séparation : il s’agit d’une histoire racontée avec des bouts de séquences.

Enfin, Luc Bourcier, directeur général de la plateforme Izneo, voit apparaître de nouveaux contenus, tels que les Webtoons, aux côtés de la bande dessinée dite « homothétique » : « il faut transformer les planches de bande dessinée en « case à case » ».

La diffusion de bande dessinée numérique devrait prendre de nouvelles formes. Pour Luc Boursier, « il faut réussir à s’insérer dans une économie de plateforme et cela rend les choses plus complexes », tandis que Julien Aubert insiste « sur l’importance des réseaux sociaux ». Julien Papelier précise en ce sens que les auteurs « traditionnels » de bande dessinée sont intéressés par ces nouveaux médias : « ils ressentent le besoin d’avoir un lien direct avec le public ».

Néanmoins, et malgré ces nouvelles formes de créations et de diffusion, il est nécessaire de rémunérer les auteurs. En ce sens, Luc Bourcier estime qu’il faut « générer des ventes pour rémunérer les auteurs et mettre en place, au-delà des expérimentations, des formats diffusables en France et à l’étranger afin de toucher le public le plus vaste ». La diffusion gratuite peut alors parfois apparaître comme la possibilité de créer des communautés et de se faire connaître de potentiels acheteurs.

Raphaël Berger intervenant lors de la table ronde
Raphaël Berger intervenant lors de la table ronde consacrée à la BD numérique.

 

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