Carnets de consommation

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26/06/2013

Dans le cadre de la mission légale d’observation de l’Hadopi, le DREV a conduit une étude du volume de consommation des biens et services culturels dématérialisés sous forme de «carnets de consommation». Elle permet plus généralement de qualifier la nature de cette consommation, selon les usages et les supports utilisés.

Méthodologie et clés de lecture

 

La méthodologie employée est celle des carnets de consommation, c’est-à-dire des questionnaires en ligne à renseigner de façon quotidienne, durant 7 jours consécutifs ; chaque participant devant y noter sa consommation journalière de musique, films, séries, jeux vidéo, et livres/BD dématérialisée. 11 280 internautes âgés de 15 ans et plus ont été interrogés lors de la phase de recrutement. Au bout des 7 jours consécutifs d’enquête, 4 740 personnes avaient correctement rempli l’ensemble des carnets de consommation. Elles sont représentatives des consommateurs de biens culturels.

 

Parmi les clés de lecture précisées dans la note de présentation de l'étude, on relève le caractère déclaratif de l'étude et les quelques erreurs d'appréciation que cela peut générer, le procédé permettant la caractérisation de la licéité des usages, et les marges d'incertitudes liées à la dimension de l'échantillon. 

 

Télécharger le rapport, sa note de présentation et l'infographie synthétique associée.

 

Résultats

 

Général

 

D’une façon générale, les résultats mettent en valeur l’importance du streaming, pratiqué par 84% des consommateurs (contre seulement 49% pour le téléchargement). La musique est de loin le bien culturel le plus consommé (plus de 23 titres par semaine et par consommateur, soit plus de 60 000 titres). Les films, les séries, les livres et les jeux vidéo sont consommés dans des proportions comparables entre elles : entre 2,4 et 5,7 biens par semaine et par consommateur. Les livres et les jeux vidéo correspondent à une consommation plus isolée, pratiquée par bien moins d’internautes. Globalement, c’est la consommation gratuite qui s’impose significativement.

 

 

Musique : la consommation de musique est significativement licite, gratuite, et majoritairement sur YouTube (en streaming comme en téléchargement). La forte représentation de YouTube au titre du téléchargement peut trouver différentes explications :
• La consommation à l’unité effectuée sur YouTube (un acte correspond à un titre), par opposition à des consommations comprenant potentiellement plusieurs titres, sur ITunes ou sur Deezer.
• Les pratiques de « ripping », qui permettent de télécharger les contenus diffusés en streaming.
Toujours pour ce qui concerne le téléchargement de musique, les pratiques de pair-à-pair (Torrents inclus) représentent 9% des usages.

 

Film : en streaming, la consommation de film se fait presque autant de façon licite que de façon illicite. En téléchargement, les pratiques sont majoritairement illicites. Pour le streaming de film, YouTube est à nouveau le support le plus utilisé. Pour le téléchargement en revanche, et de façon moins nette, le premier support utilisé repose sur du pair-à-pair. Plus généralement, pour le téléchargement, les pratiques de pair-à-pair représentent 28% des usages. Enfin, la prédominance des contenus internationaux est plus marquée que pour la musique.  

 

Séries : on retrouve, pour les séries, un équilibre entre les pratiques licites et illicites en streaming, et une prédominance des usages illicites pour ce qui concerne le téléchargement. L’importance de la consommation de contenus internationaux est particulièrement marquée, et pratiquement exclusive pour ce qui concerne le téléchargement, où le pair-à-pair représente 27% des usages.

 

Livre /BD : contrairement aux autres biens considérés, les œuvres consommées sont plus souvent françaises qu’internationales. La prédominance de la consommation gratuite est par ailleurs moins marquée.

 

Jeux vidéo: la consommation de jeu vidéo se fait majoritairement de façon licite. Ils n’ont été étudiés qu’au regard des pratiques de téléchargement, notamment pour limiter les confusions sur les différents modes de consommation (par exemple, les jeux sur smartphones n'étaients pas inclus dans le périmètre de l'étude).

 

Points remarquables

 

On peut distinguer trois profils de consommation :
• Celui de la musique, massif, gratuit, a priori licite et majoritairement porté par YouTube en streaming comme en téléchargement.
• Celui des films et séries, moins intense et plus disparate tant quant au mode de consommation qu’aux supports utilisés. Nettement portées vers les contenus internationaux, les pratiques sont significativement illicites.
• Celui des livres et jeux vidéo, concernant un public beaucoup plus restreint, recouvrant des pratiques mixtes et, pour le livre, plus significativement orientées vers des œuvres françaises.

 

On relève ainsi l’hétérogénéité des modèles de consommation selon les biens culturels concernés, attribuée :
• A la nature intrinsèque des biens (un titre s’écoute plusieurs fois, un film plus rarement, par exemple).
• A la nature de l’offre (la musique en streaming gratuit par exemple emporte une part considérable de la consommation).

 

A ce titre, il ne convient pas de globaliser l’analyse du relevé des consommations. Pour autant on y retrouve de façon systématique la prédominance de la gratuité, en co-existence, selon des équilibres variables, avec des modèles payants. Il met par ailleurs en exergue une liste conscrite de supports concentrant la majorité de la consommation de biens culturels sur Internet.

 

Accéder aux autres publications du DREV : http://hadopi.fr/observation/publications